ON ATTEINT DES SOMMETS
Quel triste spectacle que celui du dernier conseil municipal. Nous savions que le désaccord sur la gestion de la ville serait exacerbé par cette délibération sur les comptes et le budget, mais à ce point ?
Comme à l’accoutumé, le discours introductif ne laisse planer aucun doute sur le bien fondé de tous les choix passés et à venir. La tension semble à fleur de peau dans la quinzaine majoritaire. Le briefing d’avant séance a du être encore plus incisif que les autres. On avait eu une mise en garde du second adjoint en décembre dernier, sans doute pour nous prévenir de ce qui nous attendait, pour nous mettre en situation et curieusement, en ce tout début de séance, le maire me refuse de lire la réponse que je lui destinais.
On subit l’avalanche des chiffres des comptes administratifs, entrecoupée d’auto congratulations de tous ordres (réduction de la dette, maitrise des dépenses, gestion visionnaire…….). J’ai les mêmes interrogations que l’an passé sur l’évolution des dépenses de fonctionnement mais à quoi bon en faire état. Des rapporteurs (c’est nouveau) sont là pour étayer la thèse officielle et, en quelques sorte, répondre avant même que les questions n’arrivent.
Ce n’est toujours pas le moment pour que je puisse parler. Joel Dazas puis Pierre Lantier sont autorisés à faire état de leurs points de vue mais toujours pas moi et je me lève pour distribuer le texte voué au silence. « Quel manque de respect des institutions » me dit-il. « Quel manque de respect de la démocratie » sera ma réponse.
Ce n’est plus un conseil municipal , c’est une match de ping pong par déclarations interposées. Voilà l’adjoint aux espaces verts qui sort son papier et se voit autorisé à le lire. C’est un pâle copie de ce qu’avait lu le second adjoint en décembre dernier. Cela me pousse à réclamer une fois encore la parole et je suis enfin autorisé à intervenir.
Le match n’est pas fini. Un peu plus tard, c’est le maire lui-même qui fera état de tout le mal qu’il pense de sa première adjointe et qu’il avait également consigné par écrit. Les propos sont tels que les murmures s’élèvent autour de la table et que l’intéressée en est abasourdie. Un tel mépris ne surprend pas mais c’est le choix du moment et du lieu pour le dire qui indigne.
Que dire encore de ce vote à bulletin secret impossible ce soir alors qu’on y avait eu recours l’an passé ? Le maire argumente que les Loudunais sont en droit de connaître la façon dont chaque élu se positionne. Tu parles ! N’est-ce-pas plutôt lui qui craindrait que, dans la sécurité de l’anonymat, un seul des ses 15 « fidèles » ne lui fasse défaut ? Le directeur général de services, un peu plus tard, reconnaitra son erreur et on revotera (mascarade) à bulletin secret. Cette erreur en était-elle vraiment une ?
Oui, vraiment hier soir, on a atteint des sommets.